Laurine Rousselet : Ton recueil des rythmes je traquerai l’héritage (2024) est composé de cinquante et un poèmes. Pourquoi numérotes-tu tes poèmes ? Nommer n’est-il pas assez pour rappeler une « circonstance » ? S’inscrire dans le temps perce-t-il ton cœur ?
Yoann Lévêque : Avec la numérotation des poèmes, je mets de l’ordre dans ma pensée et crée une façon d’entrer dans le recueil. En soi, nommer le poème suffit à le situer, à l’évoquer, c’est vrai. Mais numéroter l’ensemble crée aussi une impression d’ordre, renforce l’architecture du recueil, dont la composition est principalement chronologique. Le monde qui nous entoure est éclaté. Il est divisé par une multitude de points de vue. Il nous parvient par éclats, par fragments, et c’est à l’humanité d’ordonner tout cela. Pour ce faire, pour créer un semblant d’ordre et de logique, il y a les histoires et la poésie. Je numérote aussi mes poèmes comme on numérote les pages d’un livre, pour ne pas me perdre parmi eux. S’inscrire dans le temps, c’est composer avec notre propre finitude. C’est s’y confronter. Chaque jour, on se rappelle qu’on va mourir. Et on ne peut rien contre ça. C’est ce qui donne à la vie une partie de sa beauté. Chaque vie est unique. Chaque vie a le sens qu’on voudra bien lui donner, et il est important d’être exigeant envers elle. Plus on lui en demandera, plus on en apprendra. Plus on la célèbrera, plus elle s’offrira à nous. Notre vie est ce qui donne du sens à notre mort, et vice-versa. S’inscrire dans le temps, c’est accepter que ce sens nous échappe. C’est accepter que le temps nous échappe, ce qui est à la fois beau et dramatique, scandaleux. Beau et simple comme la fugacité d’un rayon de soleil venant se réverbérer avec une grande douceur sur l’eau claire. Dramatique comme un regard qui capte cet éclat et s’éteint un peu avant que le soleil se cache.
L.R. : Dans tes poèmes « chute », « pourriture » (in des rythmes je traquerai l’héritage), les vocables « asile » et « patient » frappent. Comment t’emmêles-tu à la souffrance d’être ? Et, comment t’en démêles-tu ?
Y.L. : Oui, ces deux poèmes sont très liés l’un à l’autre. Ils narrent un voyage initiatique. Je comprends que les vocables « asile » et « patient » marquent. Il y a aussi le vocable « chambre », qui évoque un espace dans une maison étrangère, et une expérience du temps qui tantôt s’y étire, tantôt s’y rétracte. Tout voyage tend à nous enseigner, que ce soit dans le corps ou dans l’esprit, une temporalité autre que celle qu’on nous apprend en société, à l’école, à l’université, ou même au travail. Il s’agit d’une temporalité où notre vie est en jeu, où la réflexion tient une place cruciale. La vie, cette « souffrance d’être » que tu évoques avec pertinence et la joie ne sont-ils pas trois mêmes fils tressés ensemble ? Et le poème est le lieu où ce tressage est accompli. Ça concerne le poème « chute » aussi bien que le poème « pourriture ». Écrire est un voyage dont il est ardu de revenir indemne.
L.R. : L’écriture de la mélancolie se met aussi en scène. Je pense au poème « refuge » (in des rythmes je traquerai l’héritage) qui commence par : « tu te réfugies dans/un espace sauvage/tu cherches la clairière/où cueillir les fleurs de/ta jeunesse perdue ». Aller vérifier le manque est sans hésitation chez toi. Que croises-tu, alors, à dessiner ses contours ?
Y.L. : Ce « refuge », cet espace que je décris dans ce poème, est aussi l’endroit de l’écriture. Il existe en moi, mais je ne peux pas m’y rendre aussi facilement que je le souhaite. Certains jours, ce lieu est introuvable. Alors je l’écris et il arrive que ça devienne une histoire, ou un poème. Oui, mon écriture est une interrogation du manque. Je m’attarde sur ses couleurs, sur ses formes, sur ses senteurs. Elle a la légèreté de mes mains et le poids des questions auxquelles il est parfois impossible de répondre. Et c’est précisément quand on cherche à dessiner les contours du manque, que ce dernier change, que ce qu’il évoque évolue.
L.R. : Ton poème « s’écrire », dont voici un extrait, fait l’histoire d’un engagement : « penser s’écrire se défaire/des frontières du quotidien/des cadences qu’on nous impose/se réinventer qu’on nous impose/se réinventer dans les marges ». Pour des raisons de santé, tu te vois dans l’impossibilité d’avoir une activité professionnelle. De quelle manière es-tu marqué par l’impossible que porte ton poème ?
Y.L. : Oui, pour des raisons de santé, je ne peux pas exercer une activité professionnelle pour le moment. On peine à imaginer l’isolement au cœur duquel on se retrouve englouti alors. La solitude n’est pas un problème, car on ne la subit pas : on la choisit. L’isolement, lui, nous est imposé dans sa complexité et sa dureté. Il est difficile d’occuper la marge d’une société. Difficile d’accepter cette lucidité sur sa propre marginalité pour réussir, autant que faire se peut, à avancer avec elle, à ne pas perdre de vue la société qui nous accompagne et qu’on peine à accompagner en retour. Alors il faut occuper les marges et s’y réinventer. Essayer de s’accepter tel que l’on est, en dépit des moments de découragement. Heureusement, il y a la poésie et les histoires qu’elle offre, et les émotions déterminantes qu’elle fait naître.
L.R. : Ton goût pour la forme alimente la poésie lyrique. Pourrais-tu nous parler de ton poème « désert » (in des rythmes je traquerai l’héritage) ? Pourquoi avoir choisi le retrait à gauche (25mm) un vers sur deux ? Ce qui nous donne l’impression de deux voix dans le poème. Tu avances presque sous forme de question/réponse. Comment as-tu retenu cet effet de langue ?
Y.L. : C’est vrai que j’ai beaucoup songé à la forme pour ce recueil ! Et au rythme… Ainsi, dans le poème « désert », comme dans beaucoup d’autres poèmes du recueil des rythmes je traquerai l’héritage, il y a ce retrait que tu évoques. Il est très réfléchi. Au départ, le vers utilisé pour ce poème est l’alexandrin, c’est-à-dire un vers de douze syllabes. J’ai ensuite scindé en deux ces alexandrins, pour souligner l’importance de la césure, qui permet de reprendre son souffle, de marquer une pause. Ainsi, chaque alexandrin devient une paire de vers de six syllabes. Et je me sers de la césure pour articuler ensemble ces hexasyllabes. L’idée, c’était d’utiliser un rythme très présent dans la poésie française, l’alexandrin, et d’en souligner la cassure sur le plan typographique, de faire apparaître sur la page et dans les poèmes un espace, une respiration graphique et sonore. Je me sers de la césure propre à l’alexandrin comme on se sert d’un espace pour faire entrer un peu de lumière, et pour modeler mes poèmes, pour en faire des espaces ouverts, où reprendre son souffle. Cet espace existe en poésie depuis longtemps ; je me suis contenté de l’agrandir avec ce retrait à gauche de 25 millimètres, un vers sur deux. Je laisse de la place au silence, à sa musique. D’autre part, en choisissant dans ce recueil d’utiliser tantôt l’alexandrin, tantôt le vers de huit syllabes, l’octosyllabe, je fais apparaître des motifs sonores et visuels sur la page. Et j’ai l’impression que ces motifs étaient déjà là, sur le blanc de la page, avant que mes poèmes existent, si bien que la frontière entre le fond et la forme finit par se brouiller, par devenir poreuse. Que préexistent des motifs en poésie a quelque chose de rassurant. Une musique est déjà là, on en hérite pour faire surgir de la nouveauté, pour raconter le monde de manière inédite. Et si j’ai retenu l’image du désert c’est pour son immensité. Parfois, quand on écrit, on se trouve devant un espace intérieur immense et désert. Il ne tient qu’à nous de le rendre fécond, d’en vaincre l’hostilité et de transformer son immensité en un espace accueillant.
L.R. : Ton court poème « croire » (in des rythmes je traquerai l’héritage) se termine par : « on entrevoit ce qui s’achève/après maints détours sur la page/où l’on a cru tracer le vrai ». As-tu tout lieu de croire que la poésie continuera de se forger dans ta langue ?
Y.L. : Même quand, dans les moments d’abattement, je pense ne plus croire en rien, je ne cesse jamais de croire en la poésie. Elle est l’étincelle inouïe, le sursaut vital qui donne sa saveur au monde. Elle est la fable qui l’explique et qui va outre les images et les sonorités qu’elle s’invente. Avancer sur la page, c’est suivre un chemin sans vraiment savoir où il mène. Quand on écrit, on se persuade qu’on a accès à la vérité. En réalité, on fait bien des détours avant de se confronter à une vérité qui n’est jamais absolue. Quand on écrit, on croit un instant qu’on est dans le vrai, mais on n’est jamais dans le vrai qu’au moment précis où on constate qu’on se trompe. Et déjà, quand on découvre ça, on s’enivre de ce semblant de vérité qui nous conduit très vite à nous tromper ensuite.
L.R. : Ta poésie est une « musique de l’âme ». Quel est ton rapport au corps ? Fait-il événement ? As-tu les mains pleines de sa réalité ?
Y.L. : Une « musique de l’âme ». D’abord, ce qui me frappe, c’est le terme : « musique ». Je pense que c’est ce que je recherche, en effet, quand j’écris. Une musique. Et une justesse. Car ce qu’on découvre avec cette musique, c’est la force de nos émotions. Quand je lis les poètes, j’aime y rencontrer des émotions encore inédites. Des larmes que je n’aurais encore jamais versées. Des indignations vives, des colères justes. Et des sourires qui sont comme des défis au monde. Le corps est très important dans ma façon de vivre la pulsion de création. Oui, le geste est au centre de mon processus de création littéraire. Pour moi, tout commence avec la main qui dessine les lettres des mots sur le carnet. Tout commence dans cette rencontre première entre l’individu et ses outils, et la façon dont il se sert de ses outils : le crayon et le papier. Tout commence sur les pages de mes carnets, où j’écris tantôt au porte-mine, tantôt avec une encre noire effaçable. Mais je repense au corps. Adolescent, j’ai pratiqué un sport de combat, où le corps était très important. Puis, jeune adulte, un ami très cher m’a appris le violon. Là encore, le corps était important. J’aime à y voir une première métamorphose : le passage du sport à la musique a été une étape déterminante dans ma vie. Un mouvement vers l’écriture. Écrire est venu après le violon. Écrire, c’est traduire une musique intérieure en des dessins qu’on nomme : mots. Et les mots ont besoin du corps pour apparaître sur le papier. Sans ce geste de la main formant les lettres sur le papier, il n’y aurait pas écriture.
L.R. : Le thème de la nature est très présent dans ton travail poétique. Le champ lexical est important. Le poème de six strophes, près d’un saule (in des rythmes je traquerai l’héritage) en est un exemple. À la fin du poème, tu écris : « sont-ils [tes longs cheveux] ombre ? sont-ils [tes longs cheveux] clarté ?/le poète ne le dit pas/chante pour enchanter l’oubli ». Fais-tu un détour par la mort, à chaque retour à la ligne ?
Y.L. : Oui, la nature est présente dans mon travail poétique. Ou plus exactement, la rencontre entre l’humain et la nature. Le poème près d’un saule, écrit en octosyllabes, m’a demandé beaucoup de travail. Il raconte le suicide d’Ophélie, ce personnage de Shakespeare que j’aime tant et qu’on rencontre dans Hamlet. Ce suicide a aussi été mis en mots par Arthur Rimbaud. Et ce qui me fascine, avec ce personnage, c’est qu’il incarne la folie, la psyché mentale altérée. Il la sublime, et soudain la nature et l’humain se rencontrent, ne font qu’un. L’humain redevient nature. Et la nature se réinvente humaine. Non seulement la folie est écrite et chantée, mais elle est aussi travaillée de manière complexe, nuancée. Et tu as raison, Laurine, la mort est très présente dans le poème près d’un saule. On côtoie la mort au quotidien ; sans la pulsion de mort, on ne peut pas raconter la pulsion de vie. Ce sont deux facettes d’un même thème qui se réfléchissent l’une l’autre dans un subtil jeu de miroirs. Le thème du vivant. Ophélie incarne ce passage d’un état à l’autre. Son suicide, mis en vers par Shakespeare puis par Rimbaud, est étourdissant de simplicité, d’évidence. « Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles/Tu viens chercher la nuit les fleurs que tu cueillis », conclut Rimbaud dans son poème, Ophélie. Je vis avec ce poème en moi, il m’accompagne, il résonne dans ma tête comme une berceuse, les jours compliqués, aussi bien que les jours légers. Parce qu’il est tragique, fascinant, troublant. Pour moi, Ophélie est l’héraldesse de la folie. Et je l’aime pour ça.
L.R. : Ton recueil Mots blancs pour l’enfant s’en venant (2019), est composé de poèmes courts. Pourquoi utiliser un gérondif dans le titre ? Tu t’abandonnes à la naissance de l’enfant, et tu y projettes tes propres préoccupations, ta propre espérance, comme en témoigne le poème « je m’égare dans la clarté » : « je m’égare dans ta naissance/dans l’aube/de ne jamais croire qu’en toi/ma fille ». Cette géante angoisse signifie-t-elle avec le même impact aujourd’hui ?
Y.L. : Le gérondif me permet ici de faire durer la naissance de ma fille, de créer l’illusion que cette naissance continuera de se faire jusqu’à la fin des temps. Et chaque fois que je parcours ce recueil, chaque fois que j’en lis le titre, je redeviens l’homme qui a écrit ces courts poèmes, ce qui ne manque pas de m’émouvoir. Ma fille en naissant a fait de moi un père, a fait de ma compagne une mère… Avec ce recueil, j’ai essayé de traduire avec des mots simples la lumière, les éclats blancs qu’accompagne un tel événement. Et l’angoisse et la joie qui me sont apparues au cours de ces instants se sont métamorphosées avec le temps, sont devenues une autre angoisse, une autre joie.
L.R. : Une si grande innocence est lâchée dans le recueil Mots blancs pour l’enfant s’en venant (2019). Tu écris dans le poème, pour ta fille, « nous goûterons au blanc secret » : « nous goûterons à tous les prés/pris dans le givre vert de l’herbe/tu grandiras nous vieillirons/dans le reflet de ton miroir. Qu’un soir un astre égarera ». Les termes « larme-s », « sanglote », « pleure », sont très visibles dans tes recueils. La tristesse en toi ordonne-t-elle beaucoup de « blancs » ?
Y.L. : Il y a une grande innocence dans ce premier recueil, c’est exact. Quand je le parcours, je ne ressens pas une grande tristesse néanmoins. Ce que j’éprouve ressemble davantage à une mélancolie heureuse. Il y a plus de lumière dans Mots blancs pour l’enfant s’en venant que dans des rythmes je traquerai l’héritage, je trouve. Plus de lumière, plus de spontanéité, plus d’évidence, plus de blancheur. Plus de maladresse aussi, moins de maturité, ce qui me fait sourire aujourd’hui. Mais une grande fraîcheur dans l’ensemble du recueil. Il y a bien des « blancs » dans une vie. Et ces blancs peuvent aussi bien être heureux que malheureux. Tout dépend du regard qu’on porte sur eux.
L.R. : Tu dédies tous tes recueils à ta femme et à ton enfant : « à Faustine, à Jennifer ». Un jour, ne pas poser de dédicace pour elles, serait-il se priver ? Serait-il s’en aller plus avant ?
Y.L. : Sans elles deux, j’écrirais différemment, je serais une personne entièrement autre, j’en suis convaincu. Ne pas leur dédier mon travail ne serait pas une privation, mais plutôt un manque de clairvoyance. Il est toujours bon, en littérature comme dans la vie, de savoir d’où l’on vient, d’identifier ses points faibles aussi bien que ses atouts. Et l’amour que j’ai pour elles m’aide à avancer, à m’accepter.
L.R. : Pourrais-tu nous parler du recueil balbutiements qui paraîtra à l’Atelier IMIS, en 2026 ? Comment s’est faite la rencontre avec Pierre Martin et Florence Toussan ? Comment rêves-tu ce nouvel attachement ?
Y.L. : Pierre Martin, Florence Toussan et moi nous sommes rencontrés lors du 42e Marché de la Poésie, à Paris, le vendredi 20 juin 2025. Je les connais peu mais, au premier abord, j’ai perçu chez eux une gentillesse douce et sensible. Ce vendredi-là, c’était l’après-midi, il y avait un grand soleil, place Saint-Sulpice, et il faisait très chaud. Je pense à ce nouvel attachement comme parvenu au bout d’un chemin, on se retrouve devant une bifurcation. Il faut se décider à emprunter une sente ou une autre. Et je crois qu’il est temps pour moi de m’ouvrir au monde, d’emprunter la sente qui me permette cette ouverture. Je suis convaincu que l’atelier IMIS peut m’aider à faire un pas vers d’autres voies que celles que j’ai connues à ce jour. J’espère que ça rendra accessibles d’autres horizons. Ce recueil dont tu parles, balbutiements, est mon quatrième recueil de poèmes. Composé de quarante et un poèmes, balbutiements poursuit le travail commencé avec des rythmes je traquerai l’héritage en ceci que coexistent en lui le travail sur le fond et le travail sur la forme. Il s’agit de faire préexister un motif sur la page. Ainsi, je me dis qu’en choisissant le nombre de syllabes que comportera mon poème avant qu’il soit écrit, je fais apparaître un motif sur la page avant même d’avoir commencé à écrire ce poème. La forme enveloppe le fond, et le fond déploie la force poétique de la forme. Plusieurs thèmes affleurent : le souvenir, l’âge, le passage du temps. Dans ces pages, je me dédouble pour essayer de mieux me comprendre. Et c’est un recueil où le corps a une place plus importante que dans mes précédents recueils.
L.R. : Quel projet d’écriture es-tu en train d’articuler en toi ?
Y.L. : Je me suis lancé dans l’écriture d’un roman. Un roman qui dialogue avec l’été, la lumière et l’enfermement. Un roman spontané, dans les pages duquel, je me suis dédoublé pour rencontrer un autre moi-même, plus jeune et plus curieux. Ça raconte l’histoire d’Achille, un été. L’été 2025. Ça raconte son hésitation entre l’écriture d’une bande dessinée et la pratique de l’illustration d’ouvrages à destination de la jeunesse. Et tout comme il hésite entre deux pratiques du dessin, il fréquente plusieurs femmes et hésite à en choisir une pour vivre sa vie avec elle. Écrire un roman est un exercice qui me donne du fil à retordre, mais qui me procure aussi une grande joie, une joie égale à celle que j’éprouve quand j’écris des poèmes… Ça fait vingt ans que je cherche à écrire ce roman qui ne surgit que maintenant. C’est assez troublant. Et merveilleusement fascinant. Comme tout périple entrepris avec un crayon et un morceau de papier.