Laurine Rousselet : La compagnie Lune d’Ailes a été créée par la comédienne et metteuse en scène Hélène Routard à Bordeaux, il y a deux décennies. Aujourd’hui, vous en êtes le directeur. Son siège est à Grassac, en Charente. Pourriez-vous nous raconter, cher Cédric, dans quelles circonstances la passation de la direction de la compagnie s’est-elle déroulée ? Cette nouvelle fonction a-t-elle animé autrement votre désir de théâtre ? Avec le temps, quels ont été les enrichissements apportés ?
Cédric Corbiat : Je n’avais jamais songé à créer ma propre structure. Mais la lassitude administrative guettant ma collègue et surtout amie Hélène, elle m’a confié les clefs de la compagnie Lune d’Ailes qu’elle avait créée à Bordeaux.
J’ai procédé à une délocalisation afin d’inscrire cette structure culturelle dans le territoire charentais dans le pays de Montbron notamment.
Les comédiens sont des passeurs d’histoires et Hélène m’a offert cette grande chance de poursuivre celle de la compagnie Lune d’Ailes.
Vous évoquez le désir de théâtre, c’est bien de cela dont il s’agit, le désir, l’envie impérieuse qui s’impose à vous et emporte tout sur son passage. Il y a une forme d’hybris dans le fait de porter le projet d’une compagnie théâtrale professionnelle. Un destin à écrire autant pour les membres de la troupe que pour les œuvres présentées ou créées par la compagnie.
L.R. : Le spectacle Graine d’exil a été coécrit et co-interprété avec Hélène Boutard. Comment avez-vous cherché à rendre compte de ce thème qui, pris comme métaphore de la condition humaine, est souvent l’incarnation du déchirement ? Vos personnages sont un frère et une sœur qui, non seulement ont des points de vue opposés, mais finiront par accomplir leur expérience de l’exil séparément. Pourquoi avoir choisi ce dénouement ?
C.C. : Le spectacle Graine d’exil est né d’une envie. Celle de partager la scène avec Hélène. Une envie que l’on partage toujours d’ailleurs. La sœur et le frère de Graine d’exil ont un peu de nous, sont un peu de nous, de notre relation d’amitié partagée.
Lors de la création de ce spectacle qui tient une place particulière dans mon parcours, nous nous sommes beaucoup interrogés sur le déracinement. Que prendre lorsque l’on doit partir de chez soi pour un ailleurs parfois effrayant, tout en sachant que nous ne reviendrons sans doute jamais d’où on est parti ?
Nous avons créé ce spectacle dans notre vingtaine et je crois qu’il nous a permis de grandir. Finalement que reste-t-il de nous, de notre enfance, de l’enfant qui grandit ? Le frère et la sœur de Graine d’exil sont un peu de cela, de cette enfance qui s’échappe. Le frère va tout faire pour la retenir à l’image de cette terre du « là-bas » qu’il a pris et qu’il couve précieusement pour ne pas oublier. La sœur va accepter leur condition d’exil en essayant de croire en ce « ici » où ils sont maintenant. Cette expérience de l’exil va les faire grandir, chacun à leur manière. Finalement comme deux enfants d’une même famille mais qui prennent des chemins différents, le chemin de leur vie d’adulte.
L.R. : Votre collaboration artistique avec Hélène Boutard s’investit encore dans le spectacle Virgule et Circonflexe. Vous cherchez à réveiller la flamme de la lecture chez les enfants, les jeunes, les personnes âgées. Pour cela, la matérialité du livre est donnée à voir et à entendre. Au-delà, que cherchez-vous à rencontrer et à découvrir vous-même ?
C.C. : Les livres m’ont toujours accompagné. Ils me permettent de rêver, de m’échapper, de construire un imaginaire infini. À travers le spectacle Virgule et Circonflexe, nous avons voulu montrer la vivacité de la lecture et tout ce champ du possible qu’elle offre.
Un des personnages dit d’ailleurs « que le livre est comme une plante que l’on n’arrose pas. Si on ne le lit pas, il meurt ».
Vivre sans lecture, sans ce voyage intérieur qu’offrent toutes ces histoires, est un peu morose. Finalement, je crois qu’à l’image des comédiens qui endossent des rôles, qui empruntent les mots des personnages ou des auteurs, je cherche à trouver ma vérité. On se raconte beaucoup plus que l’on ne le croit à travers nos rôles. On y laisse un peu de nous pour nourrir le personnage. J’imagine toujours la rencontre avec un personnage comme un chemin commun, où chacun va à la rencontre de l’autre. Parfois, le personnage et l’acteur se croisent seulement, parfois les deux s’installent ensemble pour un moment et quelquefois, certains ne se rencontreront jamais. Mais à chaque fois, c’est un peu de soi que l’on met à découvert, à la vue des spectateurs. C’est un voyage intime que l’on donne à voir à chaque représentation.
L.R. : Votre rencontre avec l’Atelier IMIS s’est établie à partir d’une lecture théâtralisée d’un texte Variations rythmiques et calligraphiques de Florence Toussan, en 2020. Par la suite, que s’est-il engagé entre vous ? Selon vous, quelles forces agissantes porte l’Atelier IMIS ?
C.C. : La rencontre avec l’Atelier IMIS est l’un de ces heureux moments. J’ai été très touché lorsque Pierre et Florence m’ont proposé de partager les mots de ce danseur étoile. Une étoile, quoi de mieux pour faire rêver un comédien !
Vous excuserez la référence suivante mais dans le film Pretty Woman, il est dit « que tout le monde a des rêves ». Vivianne, le personnage de Julia Roberts dit d’ailleurs à son prince charmant de Richard Gere, « qu’elle veut plus ».
C’est donc un grand plus que m’a offert l’Atelier IMIS avec ce rôle. Cette histoire de passion et d’usure du corps, c’est un peu la métaphore de la vie d’artiste. Cet engagement constant au service de son art, cette rigueur de la danse classique comme pour tous ces textes à apprendre par un comédien pour mieux les vivre pleinement sur scène. Les mots d’un autre pour parler de soi.
Si les mots de l’écriture de Florence Toussan témoignent de sa passion pour le geste scénique, dansé en l’occurrence, la virtuosité de Valérie Geoffrion dans sa mise en scène et sa direction d’acteur, m’a emmené bien au-delà de ce que je pensais. Elle m’a permis de toucher un peu de cette étoile.
Mais la scène de ce danseur classique est partagée entre lui et les créations musicales et visuelles de Pierre. C’est un véritable dialogue entre toutes ces formes d’expression. La musique et la vidéo sont tout autant des personnages que le danseur. Un partage de l’émotion, de la vibration de la scène, des sentiments du personnage.
C’est cette magie qui fait la force à mon sens, du travail de l’Atelier IMIS. Pierre, Florence, Jean-Michel… et tous les autres artistes composent au sein de l’Atelier IMIS, un chemin entre exigence et découverte, passion et engagement, création et audace. Ne jamais rien lâcher, y croire jusqu’au bout… finalement comme un comédien. Le personnage de Variations rythmiques dit d’ailleurs à la toute fin « être celui qui ». Je laisse le soin à chacun de compléter la phrase.
L.R. : Un dimanche au paradis, dont vous êtes l’auteur, et que vous incarnez seul sur scène, a été nommé aux « Petits Molières » en 2015. Vous y déployez une galerie de personnages. D’où vous est venue l’inspiration pour vous cacher derrière autant de visages, vous, qui vous ennuyiez tant le dimanche, enfant ? Quels sont les thèmes abordés ?
C.C. : Ce spectacle est effectivement né de mes souvenirs d’ennui du dimanche. C’est toujours une journée particulière le dimanche. Chacun à une histoire propre sur cette journée. C’est cela que j’ai essayé de retrouver dans l’écriture de ce spectacle : pourquoi cette journée du dimanche est telle si particulière ?
Je parlais tout à l’heure de la recherche de la vérité de l’acteur à travers ses personnages ou les mots des auteurs, mais dans ce texte que j’ai écrit, c’est la transmission d’une histoire commune qui m’a animé. Celle des luttes sociales pour avoir un jour de repos, celle des femmes pour qui dimanche rime souvent avec manche, celui du balai, celle des habits du dimanche qui ont tellement changé… Une histoire partagée pour finalement mieux parler de la mienne, de mon histoire, de ma famille, de mes joies du dimanche comme de mes peines. C’est aussi une forme d’hommage à l’engagement des femmes de ma famille qui ont lutté, ou qui luttent toujours encore, pour que le chacune compte autant que le chacun. Ce spectacle est aussi un chemin pour trouver ma place dans mon métier de raconteur d’histoires. En donnant vie à cette galerie de personnages, je défends aussi le droit à l’imaginaire, à la fantaisie… pour ne plus jamais m’ennuyer.
L.R. : L’Effacement (Éd. Christophe Chomant, 2017) est un texte de Rénata Scant, également metteuse en scène et comédienne. La compagnie Théâtre en Action a été créée autour d’elle, en Charente, il y a une vingtaine d’années. Vous jouez dans ce spectacle à ses côtés. Une mère, un fils, la maladie d’Alzheimer et, a contrario, la révélation de secrets et de non-dits. Avec méthode, comment avez-vous abordé ce sujet difficile à travers votre personnage, dans un contexte historique évoqué non moins dramatique (la guerre d’Espagne) ?
C.C. : L’effacement est un de ces spectacles précieux dans mon parcours. Un fil tendu entre cette mère et ce fils, un lien entre Rénata et moi.
Mon personnage ne sait rien du passé de sa mère et de l’histoire de sa famille maternelle, réfugiée espagnole. Alors que sa mère perd de plus en plus la mémoire sans lui avoir tout révélé, il va tenter de remonter la rivière des souvenirs de sa mère. Et il y aura beaucoup de courant. Il lui faut de la force pour ramer dans ses méandres et de la patience tel un enquêteur pour reconstruire les bribes de la mémoire de sa mère.
Ça, c’est formidable à jouer. Quelle chance que ce rôle offert par Rénata. Au début des répétitions, l’équipe du spectacle n’arrêtait pas de dire que le fils était un salaud, qu’il ne se comportait pas bien. Mais quel choix lui a laissé sa mère, elle qui ne lui a rien dit. Comment se construire avec le rien ? Il lui dit d’ailleurs dans le spectacle : « si vous ne m’aviez pas caché toute cette histoire, je n’en serais pas là où j’en suis aujourd’hui. Et maintenant c’est à moi de me débrouiller avec tout le paquet. » C’est très juste.
Lorsqu’il comprend ses origines et l’histoire de sa mère, son monde, ses croyances et certitudes s’écroulent. Et il ne peut plus s’agripper à la mémoire de sa mère qui s’est complètement échappée. Si son passé lui a échappé, c’est à lui d’écrire maintenant son futur.
Ce chemin-là est absolument merveilleux à composer. C’est un plaisir constant à chaque représentation. Nous vibrons à trois à chaque fois, Rénata, Jérôme à la régie et moi-même. C’est tellement formidable de faire vivre une histoire comme celle-ci, cette quête de soi dans l’urgence de la mémoire qui s’efface.
L.R. : Vous faites l’histoire d’un seul en scène avec Bernard Pivot. Pourriez-vous nous raconter comment s’est présentée à vous l’idée de ce personnage pittoresque que les contradictions rendent attachant ?
C.C. : Bernard Pivot, c’est un personnage de liberté. Celle de l’audace sans limite. Si je me cache derrière le costume et la perruque de Bernard Pivot, ce personnage me permet surtout de libérer une certaine forme d’irrévérence dans un cadre extrêmement courtois. Je m’amuse encore d’avoir dansé sur du Beyoncé devant un parterre de chanteurs traditionnels béarnais médusés. Mais cette folie douce entraîne les spectateurs vers le lâcher prise, vers le rire. Et en bon cabotin, plus les gens rient, plus Bernard Pivot va en faire !
L.R. : Dans Un prince pas si charmant, vous interprétez deux personnages : un garçon et une fille. Quels thèmes traitez-vous ? À qui s’adresse votre spectacle ? Que cherchez-vous à affirmer ?
C.C. : Ce spectacle parle de l’éducation fille/garçon. Comment on élève une petite fille ou un petit garçon ? Et surtout quelle incidence cette éducation a sur leurs parcours et évolution ?
Je m’interroge beaucoup sur la notion d’égalité. Comment en 2026, on peut encore penser qu’un garçon est supérieur à une fille. Une femme meurt encore tous les deux jours sous les coups de son conjoint, ex-conjoint… ce n’est plus possible. L’enfance est un moment clé dans la construction des enfants. Ce qu’on véhicule dès le plus jeune âge a un réel impact pour plus tard. Or, il y a, encore aujourd’hui, une socialisation différenciée entre les filles et les garçons.
C’est ce point de départ qui a déclenché l’écriture de ce spectacle.
J’ai souhaité offrir aux spectateurs la possibilité de conscientiser nos schémas de pensée sur les filles et les garçons. Un effet miroir de nos propres convictions ou croyances (parfois stéréotypées malgré nous) pour permettre de prendre conscience des éventuelles disparités que nous faisons entre les filles et les garçons.
L.R. : Le Loto des Séniors est un spectacle ludique, interactif et participatif. Que propose votre numéro de cabaret ? Pourriez-vous nous dépeindre votre rôle ? Avec quelle générosité rencontrez-vous votre public ?
C.C. : Le théâtre et la représentation se construisent partout et tout le temps. S’il est très agréable de jouer dans un beau théâtre avec les fauteuils rouges moelleux, je défends dans ma pratique l’impérieuse nécessité du théâtre pour tous-tes et partout. À partir du moment où on décide qu’ici et maintenant, dans ce lieu, il y a une représentation, alors le théâtre commence à exister, même dans un EHPAD.
En ce sens, Le Loto des Séniors, c’est un spectacle bonbon. Une douceur sucrée offerte aux résidents des EHPAD pour lesquels ce spectacle a été pensé et construit.
Pour ce loto cabaret, la notion du plaisir est particulièrement prégnante : le plaisir simple de jouer au loto, le plaisir de partager de la convivialité avec ses camarades, le plaisir de se laisser porter par la fantaisie du spectacle. Je m’attache à travers différents numéros de cabaret à entraîner les résidents des EHPAD vers un grain de folie, une bulle hors du quotidien parfois pesant dans ce type d’établissement. Mais il ne faut pas se laisser berner là aussi par nos croyances, il y a beaucoup de vie dans les EHPAD.
Quand je vois les résidents spectateurs du jour, rire et s’amuser, j’ai l’impression d’être à ma place. Celle de donner à voir et à entendre une histoire. C’est tellement beau dans ce métier de pouvoir vivre ça. Toucher les gens dans l’intimité de leurs sentiments, c’est formidable… que ce soit des spectateurs dans un grand théâtre, des élèves ou des personnes âgées dans leur EHPAD, c’est bien là le sens même de mon engagement théâtral. Et je ne laisserai personne dire que ce n’est pas du vrai théâtre !
L.R. : Sganarelle ou le cocu imaginaire de Molière est un spectacle coproduit entre votre compagnie et la compagnie Dakatchiz, en Charente-Maritime, créée par Morgane Clémenceau et Léa Quinson. Avec cette dernière, de quoi est fait votre chemin ? Et, comment avez-vous obtenu réponse auprès d’elle ? Vous avez joué Sganarelle dans de nombreux établissements de niveau secondaire. Comment est reçue cette pièce brève (un acte), heureuse et intemporelle ?
C.C. : La rencontre avec la compagnie Dakatchiz s’est faite d’un désir commun de travailler ensemble, de confronter nos univers. Quoi de plus beau que la rencontre et le partage n’est-ce pas ?
À la sortie de l’épidémie de la covid, notre activité était moribonde comme vous pouvez l’imaginer. Il fallait retrouver notre souffle, un élan. Et la solidarité dans nos actions s’est imposée à nos deux compagnies.
Factuellement, tout a commencé par du prêt de matériel puis petit à petit, l’idée d’un projet en commun a commencé à germer. Notre choix s’est porté sur cette pièce de Molière en un acte et en alexandrin. Un défi !
Nous avons construit ce projet sur la notion du partage autant entre les deux structures que sur le plateau ou la perception des spectateurs. Le partage d’un texte, le partage d’une histoire, le partage du rire. Car c’est une pièce très ludique de Molière basée sur les quiproquos qui s’enchaînent dans un rythme effréné. C’est ce que l’on a essayé de retranscrire sur scène en revenant au cœur même de la farce. Un esprit de grand guignol souffle sur les personnages. Ils en font trop autant dans leurs réactions que dans leurs sentiments. C’est ce qui plaît au public scolaire que nous avons pu rencontrer. Les collégiens et lycéens se retrouvent dans ces personnages empêtrés dans leurs sentiments ou leurs envies qui emportent tout sur leur passage. Tout ça en alexandrin ! Idem en tout public, où les spectateurs sont embarqués dans le train infernal proposé sur le plateau. C’est bien la preuve que même si la langue peut sembler complexe, chacun peut se retrouver dans le rythme des phrases et des personnages. Il faut faire confiance aux spectateurs, à leur regard. Ne jamais penser qu’ils ne comprendront pas telle ou telle chose. Donnons-leur à voir, à penser, à vivre. Il ne faut jamais avoir peur de l’audace.
Je suis très fier de ce travail en commun avec la compagnie Dakatchiz qui démontre si besoin il était encore, que la maxime populaire « seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin », est bien réelle.
L.R. : Votre compagnie et la municipalité de Montbron proposent, depuis dix ans, au mois de juin, un festival en milieu rural : Lire en ville. Comment a-t-il pris naissance ? Quel est son thème ? Son objectif ? La programmation 2026 est-elle déjà ou en partie établie ?
C.C. : Quand la confiance et l’envie se rencontrent, cela donne le festival Lire en Ville.
La confiance d’abord de la municipalité de suivre cette proposition d’un festival en milieu rural. L’envie de faire vivre la lecture et le spectacle vivant dans la commune.
Tout est né d’un travail avec les collégiens de Montbron autour de l’oralité et la lecture à haute voix. Je trouvais dommage de ne pas donner à voir ce travail des jeunes collégiens. Il a donc été décidé de construire toute une semaine autour de cette thématique dans la ville avec des rencontres entre EHPAD et collège, école primaire, crèche, bibliothèque… Lire en Ville était né.
Dix ans après la formule reste la même. Une semaine de rencontre et de partage de la culture à Montbron.
Avec ce festival, la compagnie Lune d’Ailes et la municipalité souhaitent porter le spectacle vivant au plus près des habitants et du territoire. Comme je le disais dans une réponse précédente, le théâtre peut et doit vivre partout et pour tous. Personne n’a le droit de décider ce qui fait théâtre ou pas, quel spectacle doit être joué ou pas, ce qui peut être diffusé ou pas. Il faut proposer des formes de spectacle, des espaces de représentation différents. Quoi de mieux que de semer des graines pour que la culture pousse partout, surtout auprès du public qui peut ne pas se sentir concerné ou qui en est tout simplement trop éloigné, par une vision élitiste des programmations et de la culture.
L.R. : Quelle est la promesse qui vous dirige aujourd’hui, et vers où, laquelle passe à travers votre art ?
C.C. : La promesse de toutes ces futures expériences à vivre. De toutes ces histoires à raconter. De tous ces personnages à incarner. Je veux y croire jusqu’au bout. C’est ma quête, rêver pour qui sait peut-être, atteindre l’inaccessible étoile.